Consommer bio, raisonné ou conventionnel : on fait le point sur son assiette!

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Que l’on surveille ou non la qualité des aliments que nous mettons dans nos assiettes, un constat s’impose : les aliments que nous consommons aujourd’hui ne sont pas aussi riches en vitamines, minéraux, oligoéléments ou enzymes que les produits que consommaient nos grands-parents. Et cela est vrai autant pour les fruits et légumes issus de cultures intensives à l’autre bout du monde que pour les produits de proximité, biologiques ou issus de l’agriculture raisonnée.

 

 

Ainsi, certaines études ont estimé qu’il fallait (en 2002) consommer 25 pêches pour avoir les mêmes quantités de vitamines et minéraux que ceux contenus dans 1 seule pêche consommée en 1950. De même, entre 1951 et 1999, le brocoli aurait perdu jusqu’à 63% de sa teneur en vitamine A et 56% de sa vitamine C. Ces résultats font polémiques dans les plus hautes sphères, certains affirmant que ces différences ne sont pas liées à une réalité de terrain mais à une évolution des méthodes de quantification des vitamines et minéraux ainsi qu’à des différences dans les protocoles de mesure. Peut importe de savoir qui a raison, cette réalité amène à s’interroger sur ce que nous mettons dans nos assiettes.

Mais pourquoi de telles différences ?

  • Tout d’abord parce que les sols se sont appauvris suite à des années d’agriculture intensive et monoculturale.
  • Parce que le recours aux engrais et pesticides à changé l’évolution naturelle des plantes : la croissance est plus rapide laissant moins de temps aux cultures de fixer les vitamines et minéraux.
  • Parce que les fruits et légumes sont récoltés avant la maturité pour permettre leur transport aux quatre coin de la France ou du monde.
  • Parce que les produits sont stockés en chambre froide favorisant la détérioration du profil nutritionnel.
  • Parce que la pollution des sols, des eaux et de l’air est plus importante.

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La prise de conscience de cet appauvrissement en nutriments essentiels a favorisé le développement des produits biologiques. Si au départ les premiers aliments bio étaient « réservés » aux personnes les plus aisées, ce marché à connu un essor considérable ces dernières années. Les produits bio se sont démocratisés avec l’apparition de très nombreux magasins et coopératives biologiques. Les acteurs de la grande distribution se sont également engouffrés dans « cette mode » du tout bio avec, pour conséquence, la mise sur les étals de produits bio cultivés aux quatre coins du monde et récoltés avant maturité!

Mais le bio, est-ce réellement meilleur pour notre santé?

Un programme de recherche ABARAC mis au point dans les années 2000 a étudié  les différences de valeurs nutritionnelles d’un groupe d’aliments provenant de trois modes de culture, biologique, raisonnée et conventionnelle. Les résultats sont surprenant avec parfois la présence de contaminant dans les produits biologiques ou encore des profils nutritionnels proches quelque soit le mode de culture. Parallèlement, une étude conduite en 2017 sur le glyphosate a mis en avant la présence de ce pesticide dans les urines et  les cheveux de personnes ne consommant que des aliments biologiques depuis des années. Dans un monde globalisé et largement industrialisé, il est donc utopique de croire que les produits biologiques sont exempts de pollution, de xénobiotiques ou de métaux lourds.  Enfin,  on peut également s’interroger sur l’éthique de certains produits biologiques : une tomate aussi bio soit-elle produit en Afrique du Nord en plein hiver est-elle aussi bénéfique pour notre santé qu’une tomate cultivée a proximité de notre lieu de vie et récoltée à pleine maturité? Quel est le bénéfice sur notre santé de produits bio chinois?

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En conclusion, reprenons les mots du Professeur Joyeux dans son ouvrage Changer d’alimentation : « Il est impossible d’affirmer scientifiquement les effets positifs pour la santé d’une alimentation constituée d’aliments issus de l’AB (mais) les résultats suggèrent une supériorité qualitative des aliments provenant de l’agriculture biologique comparés à ceux de l’agriculture conventionnelle ». Cela s’applique bien entendu pour des produits biologiques cultivés à proximité du lieu de vie.

Il est ainsi préférable d’opter pour des produits de proximité, bio ou raisonnés, et surtout de saison. Le mieux est de rencontrer les agriculteurs qui travaillent autour de chez soi ou de se rapprocher de regroupement de producteurs. Parallèlement, une autre habitude à prendre sans attendre est de préférer des produits peu transformés et faiblement raffinés, c’est-à-dire à faible teneur en additifs alimentaires (cf Article Les additifs alimentaires sont-ils réellement néfastes pour notre santé ?). Enfin, et non des moindre, il est important de reprendre sa liberté de penser et de choisir face aux lobbies commerciaux et publicitaires. Ce n’est pas parce qu’un produit est bio qu’il est forcément meilleur pour notre santé.

Reprenons notre sens critique :

La cohérence entre nos besoins et notre environnement est le support indiscutable de notre vitalité et notre santé.

 

Sources :

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